« Maman…
Un seul mot. Pas une plainte. Une demande d’existence. Et ce mot, toujours le même, toujours vrai, me redressait. Il ne me donnait pas une armure. Il me donnait un rôle. Une place. Une raison de tenir encore quelques secondes de plus, quelques marches de plus, quelques nuits de plus. »
« Bien plus forte que tu ne le crois… ». Forte, Tatiana Maussire l’a été à n’en pas douter, au vu de toutes les épreuves que la vie lui a imposées et dont elle rend compte de façon détaillée dans ce livre de 280 pages. Récit qui nous happe, qui nous prend dans une spirale descendante faite de courtes phrases plus ou moins redondantes finissant par générer chez le lecteur – chez moi en tout cas- un effet hypnotique, voir addictif.
Et de l’admiration bien sûr. Beaucoup d’admiration. Pour toutes ces souffrances endurées, qui ne semblaient devoir s’éloigner que pour mieux revenir. Et pourtant toujours baignées d’un si grand amour. Avec en toile de fond cet horizon si sombre, qu’aucune aurore ne semblait devoir un jour éclairer.
Une remarque : pour tenir, Tatiana Maussire semble avoir trouvé tout au long aide et soutien dans des instants, minuscules moments de bonheur de rien du tout et qui pourtant, ajoutés les uns aux autres, telles les perles d’un collier, se sont avérés être source d’énergie et de réconfort. Mais encore fallait-il en prendre conscience, les observer, les remarquer.
Quantification du temps, en quelque sorte, instants fugaces, effacés sitôt qu’entrevus qu’il faut s’astreindre à découvrir, à sortir de la gangue du temps. Pour en savourer les petits bonheurs qu’ils offrent, insignifiants et pourtant… Pour qui sait voir ces « primultimes » porteurs du caractère unique de chaque instant vécu de notre existence. Qui devient de ce fait unique aussi.
Livre dont on sort un peu « groggy » . Qu’on ne lâche pas facilement ou plutôt qui ne nous lâche pas.
Merci Madame Maussire.
PT
